Patchwork Festival – musique, jazz et contes à Delémont
du 10 au 13 décembre 2026 au Forum St-Georges
Pour ses 16 ans, le Patchwork Festival investit la vieille ville de Delémont avec une programmation pensée pour tous les publics, mêlant création jeune public, concerts de jazz, de pop‑folk et de musique classique, ainsi qu’une déambulation reliant la vieille ville au Forum St‑Georges.
Jeudi et vendredi en journée, le festival démarrera avec deux spectacles jeune public pour les écoles. Bô, Momo et la Carte des Sons, spectacle spécialement créé à l’intention des élèves de 1–4P, et Contes à rebours, spectacle adapté pour les élèves de 5 à 9P.
Vendredi, samedi et dimanche, Delémont aura la chance d’accueillir trois concerts exceptionnels de classe internationale : Virgo, formation de jazz actuel qui mêle compositions collectives, improvisation et soundpainting dans une esthétique urbaine et contemporaine ; The Woodgies, duo de sœurs irlandaises accompagnées par une harpe et un percussionniste, dont la pop‑folk acoustique, saluée notamment par un Coup de Cœur du Montreux Jazz Festival, touche un très large public ; et Helena Macherel & Laudine Dard, musiciennes suisses actives sur les grandes scènes internationales, qui proposeront un programme de musique classique pour flûte et harpe autour du rêve, du voyage et d’un répertoire allant de Debussy à Piazzolla.
De vendredi à dimanche, Patchwork Parade, parcours participatif et festif proposé en exclusivité, reliera la vieille ville, le marché de Noël et la salle de spectacle afin d’attirer de nouveaux publics, d’encourager la déambulation et de faire du festival une expérience partagée à l’échelle de la ville.
Pour les écoles
Jeudi et vendredi, en matinée
Bô, Momo et la Carte des Sons / Création, médiation et scolaires
Denis Beuret, conception, trombone, informatique musicale ; Vincent Favre Jurenak, claviers ; et un marionettiste
Spectacle musical jeune public (1P–4P)
Bô, Momo et la Carte des Sons est un spectacle musical jeune public qui place la musique au cœur du récit et de l’expérience scénique. Conçu spécifiquement pour les élèves du Cycle 1, en particulier pour les classes de 1P à 4P, il s’adresse en priorité aux enfants de 1P–2P tout en restant pleinement pertinent pour les 3P–4P grâce aux prolongements possibles en classe.
Sur scène, deux musiciens — piano/claviers et trombone avec électronique — font naître, à partir de leurs instruments, deux personnages‑marionnettes : Bô et Momo. Ensemble, ils entraînent les enfants dans un voyage à travers plusieurs mondes imaginaires, où chaque univers naît d’une couleur sonore particulière. Au lieu d’une carte en papier, les enfants découvrent une « carte des sons » : un motif cristallin ouvre un pays du froid, un rythme solaire un monde chaud et dansant, des sonorités mystérieuses un espace de secrets, tandis qu’un univers familier mais décalé invite à regarder autrement ce que l’on croyait connaître.
La proposition a été pensée pour répondre aux besoins des plus jeunes spectateurs : durée adaptée, narration claire, consignes simples, répétitions, interaction non intrusive, forte place accordée au geste, à l’écoute et à l’imaginaire. La musique ne vient pas illustrer le récit après coup : elle en est le moteur dramaturgique, déclenche l’action, transforme l’espace et structure la progression du spectacle.
D’une durée totale de 40 à 45 minutes, le projet comprend environ 20 minutes de conte et 20 à 25 minutes de musique en direct. Cette articulation permet de proposer à la fois une entrée narrative accessible et une expérience musicale plus développée, faisant de ce spectacle une première rencontre forte avec le spectacle vivant et la création musicale contemporaine pour les élèves du début de la scolarité.
Le spectacle s’inscrit en cohérence avec plusieurs dimensions du Plan d’études romand pour le Cycle 1, notamment dans les domaines des Arts, des Langues et de Corps et mouvement, ainsi que dans des capacités transversales telles que l’écoute, la communication, la pensée créatrice et la collaboration. La compréhension repose largement sur des éléments non verbaux (musique, rythme, gestes, contrastes sensoriels, répétitions, structure claire), ce qui en fait une proposition particulièrement adaptée à des classes hétérogènes, incluant des élèves allophones. Sans revendiquer une visée pédagogique spécialisée, le projet offre un cadre propice à l’attention, à l’écoute et à l’imaginaire partagé.
Denis Beuret, trombone basse, composition, informatique musicale
Denis Beuret est un compositeur et tromboniste suisse reconnu pour son approche résolument contemporaine et expérimentale de la musique. Spécialisé dans la recherche sonore, il repousse les limites du trombone basse en explorant des techniques de jeu étendu et en intégrant l’électronique en temps réel à ses performances.
Innovateur, il va mettre au point un trombone basse augmenté 2.0, qui sera inauguré lors du festival. Equipé de plusieurs types de capteurs (mouvement, accélération, interrupteurs, etc.) et doté d’un système sans fil, relié à des environnements comme Max/MSP et Logic Pro, ce nouveau système lui permettra de transformer et d’enrichir l’improvisation, pour élaborer un langage personnel où l’exigence artistique reste accessible au public.
Compositeur prolifique, Denis Beuret compte plus de 200 œuvres à son catalogue et conçoit régulièrement des dispositifs interactifs homme‑machine, faisant de chaque concert une expérience sensorielle où la frontière entre acoustique et électronique s’estompe au profit de l’exploration et de l’émotion. Son parcours de formation en batterie, trombone, informatique musicale, direction et orchestration lui a permis de développer une grande polyvalence, particulièrement dans les musiques improvisées, électroniques et contemporaines. Il s’est produit avec de nombreux musiciens réputés en Europe et aux États‑Unis, et a présenté à plusieurs reprises ses travaux de recherche dans des institutions de référence telles que l’IRCAM à Paris, l’Université de Rennes II, la Columbia University à New York ou l’Université McGill à Montréal.
Vincent Favre Jurenak, piano
Vincent Favre Jurenak est un pianiste dont le jeu se distingue par une grande finesse d’exécution et une expressivité marquée. Sa maîtrise technique, alliée à une sensibilité rare, lui permet d’explorer un large éventail de couleurs sonores et de nuances, donnant à chaque interprétation une profondeur émotionnelle singulière.
Curieux et ouvert, il puise son inspiration dans une grande diversité d’influences : répertoire classique, romantique et contemporain, jazz, improvisation et musiques du monde. Cette richesse de références nourrit un style personnel, à la fois inventif et respectueux des œuvres, en constante recherche de dialogue entre les genres et les époques.
Formé notamment auprès de Gaspard Glaus à Lausanne, de Thierry Lang à Montreux et d’Enrico Pieranunzi en Italie, il est aujourd’hui actif comme pianiste, arrangeur et compositeur. Il collabore avec de nombreux musiciens dans des contextes variés – théâtre, enregistrements de studio, concerts, revues – et cet éclectisme transparaît également dans son activité pédagogique. Musicien polyvalent, il sait aussi bien surprendre que toucher un large public.
Jeudi et vendredi, après-midi
Contes à rebours / contes et musique, médiation et scolaires
Nicolas Schaffter, contes ; Denis Beuret, contes, composition, trombone basse, musique
Contes à rebours est un spectacle mêlant contes et musique qui s’adresse aux élèves de 5P à 9P, dans nouvelle version remaniée. Porté par un conteur et un musicien‑compositeur tromboniste, il propose aux classes du Cycle 2 une plongée dans l’univers du loup, figure emblématique des imaginaires enfantins et des débats contemporains autour du sauvage.
Sur scène, le conteur raconte des contes autour du loup. La narration est rythmée par des intermèdes musicaux qui prolongent, détournent ou transforment les histoires. Les récits, issus du patrimoine universel, sont incarnés par le conteur qui livre une véritable performance scénique. Ce spectacle donne aux élèves l’occasion de découvrir les univers musicaux pleins de fantaisie et de poésie des deux artistes, tout en élargissant leur perception des possibles sonores.
La forme a été pensée pour des classes de 6 à 9P : durée maîtrisée, alternance entre parole et musique, clarté des récits, humour et jeu sur les codes du conte traditionnel. La musique ne sert pas seulement de décor sonore, mais intervient comme un second récit qui commente, questionne ou déplace les histoires entendues. Les élèves sont ainsi amenés à vivre une expérience d’écoute active, à la fois narrative et musicale.
Au‑delà du plaisir du spectacle, Contes à rebours offre un terrain riche pour le travail en classe : réflexion sur les représentations du loup, découverte de variantes d’un même motif narratif, observation des liens entre texte et musique. Il rejoint plusieurs objectifs du Plan d’études romand, notamment dans les domaines des Langues (compréhension, expression orale, récit), des Arts (écoute musicale, imaginaire sonore) et des capacités transversales (pensée créatrice, communication, collaboration).
En amont ou en aval du spectacle, des pistes de médiation simples peuvent être proposées aux enseignant·e·s : réalisation de dessins, découpages ou collages illustrant des contes connus, invention de nouvelles versions d’histoires de loups, création de marionnettes ou de figurines servant de support à la narration. Ces prolongements permettent d’ancrer l’expérience du spectacle dans le quotidien de la classe.
Nicolas Schaffter, conteur
Nicolas Schaffter est médiateur en sciences humaines et sociales au Service Culture et médiation scientifique de l’Université de Lausanne. En 2020, il a élaboré, avec les biologistes Jean-Marc Landry et Timothée Brütsch, un programme de médiation consacré aux relations hommes-loups. Des questions comme « Pourquoi les discussions concernant le retour du loup dans les campagnes sont-elles toujours chargées d’émotions ? », « Que cache la peur du loup ? », « Que masque son idéalisation dans les imaginaires urbains ? », ont notamment été abordées. Nicolas est également enseignant et conteur, ce qui complète idéalement son parcours scientifique.
Vendredi, samedi et dimanche, en vieille ville
Patchwork Parade
Denis Beuret, Nicolas Schaffter, conception ; participants bénévoles, réalisation
Patchwork Parade est une proposition participative et inclusive qui vise à renforcer la visibilité du festival dans l’espace public et à attirer un public plus large pendant le marché de Noël.
Le projet repose sur une idée simple : créer, avec un groupe de 8 à 20 participant·e·s, une parade artistique en vieille ville capable de faire venir les familles, les passants et les visiteurs du marché de Noël vers les propositions du festival. La vieille ville de Delémont, dont le caractère patrimonial est fortement préservé et qui accueille régulièrement des manifestations publiques, constitue un cadre particulièrement propice à une telle démarche.
Pensée comme une forme festive, visible et accessible, la parade prendra la forme d’une déambulation artistique ponctuée d’interventions musicales, de gestes performatifs, d’éléments visuels, de costumes, d’objets sonores et de moments de rencontre avec le public. Son rôle est de créer un appel immédiat, chaleureux et fédérateur dans l’espace public, en lien direct avec le Patchwork Festival et le marché de Noël de Delémont, organisé en vieille ville sous l’impulsion de l’Union des commerçants.
Un projet participatif ancré dans le territoire
Patchwork Parade sera préparé dès l’automne avec les participant·e·s, notamment en lien avec le Musée Jurassien et les bénéficiaires de la CarteCulture de Caritas Jura. La CarteCulture permet précisément à des personnes à faible revenu domiciliées dans le canton du Jura d’accéder plus facilement à l’offre culturelle ; le projet prolonge cette logique en leur proposant non seulement un accès, mais une place active dans un processus de création.
Des ateliers permettront d’élaborer progressivement la forme finale du projet. Un cadre artistique clair sera proposé par l’équipe du festival, mais une partie importante du contenu émergera du travail collectif : présence dans la parade, fabrication d’éléments visuels, collecte d’images, préparation de petites actions, participation à l’accueil ou à l’animation du parcours. Cette méthode garantit à la fois la cohérence de l’ensemble et une réelle appropriation par les participant·e·s.
Le projet s’inscrit également dans les ressources symboliques du territoire. La parade traversera la vieille ville de Delémont et se terminera au Forum St-Georges par une installation multimédia originale. Cette installation, réalisée par Denis Beuret, réunira une création musicale en multidiffusion et des photographies retravaillées de la vieille ville et de vitraux contemporains jurassiens. Ce choix fait écho à la richesse patrimoniale de Delémont ainsi qu’à l’importance des vitraux modernes dans le Jura, présents dans de nombreuses églises et chapelles de la région.
Articulation avec le festival
Patchwork Parade s’intègre à une édition du Patchwork Festival pensée pour plusieurs publics. Dans cette perspective, la parade joue un rôle de passerelle : elle permet de faire entrer de nouveaux publics dans l’univers du festival par une forme conviviale et immédiatement lisible, avant de les conduire vers un moment plus immersif dans la salle de spectacle. Son aboutissement dans l’installation multimédia prolonge la dimension festive par une expérience esthétique plus contemplative, où l’image, l’architecture, la mémoire urbaine et le son se rencontrent.
Présentation des spectacles et des artistes
Vendredi 11 décembre / 20h30
Virgo / Jazz actuel
Andreas Fulgosi, baritone guitar ; Gregor Vidic, saxophones ; Denis Beuret, trombone basse ; George Hadow, drums
« L’imagination, tapie dans l’ombre, est l’ennemi le plus redoutable. Naturellement brute et éprise d’absurdité, elle se rebelle contre toutes les contraintes civilisatrices telle une sauvage prenant plaisir à grimacer devant des idoles. » J.W. Goethe
Virgo propose une musique improvisée guidée par de puissants mélorythmes, où se développe une alchimie entre compositions spontanées et ostinatos urbains et sombres. Le répertoire explore l’étendue des possibilités instrumentales du groupe, certaines pièces étant enrichies de soundpainting, qui permet de diriger en temps réel les structures et les interactions musicales.
Né en 2019, le projet est le fruit de plus de vingt‑cinq années de rencontres et de collaborations musicales. Il s’inscrit dans un processus de synthèse de différentes créations antérieures et de nombreux ensembles, dont Virgo reprend et réoriente certaines couleurs. Au fil des tournées et des échanges, le leader du projet s’est imprégné de diverses esthétiques – jazz contemporain, musiques expérimentales, influences urbaines – pour en extraire une matière sonore personnelle.
La palette de Virgo s’inspire directement de l’environnement des grandes villes traversées au cours de ces années de concerts : grondements lointains, rythmes fragmentés, éclats de lumière, mais aussi silences et respirations. Ces impressions urbaines, comme fixées dans la mémoire du musicien, trouvent ici une traduction musicale qui oscille entre énergie brute, tension contenue et moments de suspension poétique.
L’ensemble propose ainsi un jazz actuel exigeant mais accessible, où la construction collective en temps réel, la force des mélodies et la dimension narrative du son invitent le public à un véritable voyage sensoriel.
Andreas Fulgosi, guitare, composition
Andreas Fulgosi a fondé, cofondé et dirigé de nombreux ensembles musicaux (By‑Spiel Project, Raaga Trio, Galm, Slosh, Virgo, Materiofonik Ensemble, Nest, Post‑Garde Freaks Orchestrum), avec lesquels il tourne depuis les années 1990 en compagnie de musiciennes et musiciens suisses et internationaux, enregistrant plusieurs albums. Son travail se caractérise par une curiosité constante pour les formes contemporaines du jazz, de l’improvisation et des musiques expérimentales.
Ouvert aux autres disciplines artistiques, il compose et interprète également de la musique pour la danse, le théâtre et la poésie. Depuis 2021, il se consacre en parallèle à la fabrication d’instruments à partir de matériaux recyclés et anime des ateliers pour apprendre à les construire et à en jouer en groupe. En 2023, il a cofondé avec John Menoud le Post‑Garde Freaks Orchestrum, ensemble de huit musiciens jouant un répertoire spécialement écrit pour ces instruments singuliers, dans un univers nourri par des références telles que Harry Partch, Charles Ives, Edgar Varèse ou Frank Zappa.
George Hadow incarne la nouvelle génération d’improvisateurs qui s’est imposée sur la scène néerlandaise. Originaire du Devon, au Royaume‑Uni, il arrive aux Pays‑Bas en 2011 pour participer à la Dutch Impro Academy, où il étudie notamment avec Han Bennink et Michael Moore, deux figures majeures de l’improvisation européenne.
Installé à Amsterdam depuis 2012, il devient rapidement un musicien incontournable de la scène d’avant‑garde et d’improvisation en Europe. Son jeu de batterie, qui conjugue sensibilité aiguë, puissance brute et grande inventivité rythmique, l’amène à collaborer à de nombreux projets exigeants, où il explore des formes ouvertes et une interaction constante avec les autres musicien·ne·s.
Gregor Vidic, saxophone, composition
Gregor Vidic, musicien et compositeur né à Koper (Slovénie) en 1984, inscrit son travail dans les tendances contemporaines de l’improvisation, du free jazz américain à l’improvisation libre européenne. Son jeu de saxophone se nourrit d’une expérience précoce de la guitare et de la batterie, qui lui a donné très tôt un sens aigu de la forme, du son et du rythme.
Après un séjour à Lausanne, il s’installe à Genève, où il perfectionne son jeu et étudie le saxophone jazz et la composition auprès de Maurice Magnoni et Ohad Talmor. Il y rejoint l’association et le Jazz Club AMR, dont il accompagne également la programmation, ce qui le place au cœur de la scène suisse d’avant‑garde, de free jazz et de musique improvisée.
En 2016, une résidence à New York lui permet de travailler avec Ellery Eskelin et de jouer notamment avec Angelica Sanchez et Tom Rainey. Depuis, il mène une carrière internationale qui l’a conduit à se produire en Europe, aux États‑Unis et au Japon, en collaboration avec de nombreux musicien·ne·s de premier plan. Installé à Genève, il est aujourd’hui l’une des figures actives de la scène improvisée suisse et internationale, développant un langage personnel à la croisée des influences américaines et européennes.
The Woodgies sont deux sœurs irlandaises, Hannah et Meghan Woodger, dont la musique acoustique mêle indie‑pop et folk avec une proximité et une complicité naturelles que seuls les groupes familiaux peuvent transmettre. Basées en Suisse, elles se sont fait remarquer dès leur premier album « Holding Hands », distingué par un Coup de Cœur du Montreux Jazz Festival, et tournent depuis sur de nombreuses scènes en Suisse et en Europe.
Leur univers repose sur des harmonies vocales serrées, des guitares acoustiques et des chansons à la fois lumineuses et mélancoliques, nourries de leurs racines irlandaises et d’influences folk contemporaines. Habituellement programmées en duo, elles joueront à Delémont dans une formation élargie avec la harpiste Laudine Dard et le batteur Marc‑Olivier Savoy.
Cette configuration enrichit considérablement la palette sonore du groupe : la harpe apporte des couleurs harmoniques et des textures oniriques qui prolongent l’univers des deux sœurs, tandis que la batterie crée un ancrage rythmique souple et inventif, ouvrant la musique vers des dynamiques plus amples et un rapport plus direct au public. Le concert proposé au Patchwork Festival offrira ainsi une version particulièrement généreuse et rare de leur projet.
Avec The Woodgies, le festival propose un concert pop‑folk accessible et de grande qualité artistique, capable de fédérer un public intergénérationnel et de créer un moment de partage intime mais puissant, en résonance avec l’atmosphère du marché de Noël et de la vieille ville.
Laudine Dard, harpe
Laudine Dard est une harpiste suisse qui se produit au niveau international, en soliste, en musique de chambre et au sein de différents orchestres. Membre fondatrice du Levedy Ensemble, quintette composé de quatre chanteuses et d’une harpe, elle remporte avec cette formation la Carne Trust Chamber Music Competition en 2020, dans un projet dédié à la mise en lumière d’œuvres méconnues de compositrices.
Elle a reçu plusieurs distinctions, dont le John Marson Harp Prize for Outstanding Musicianship et la Trinity Laban Innovation Award pour le projet à impact social « Alone, Together » (2021), ainsi que le troisième prix du Concours Français de la Harpe en 2018. Elle a joué avec de nombreux orchestres en Suisse, en Angleterre et en Europe, notamment les Cameristi della Scala, l’Augsburger Philharmoniker, l’Orchestre de Chambre de Genève, l’Ensemble Symphonique de Neuchâtel, l’Orchestre Consuelo, l’Orchestre Symphonique Suisse des Jeunes, l’Orchestre Symphonique Genevois, le London City Philharmonic et l’Académie du City of Birmingham Symphony Orchestra, dans des salles prestigieuses telles que le Wigmore Hall, le Victoria Hall, la Tonhalle de Zürich ou le Symphony Hall de Birmingham.
Soucieuse de rendre la musique classique accessible à tou·te·s, Laudine Dard développe de nombreux projets interdisciplinaires avec des danseur·euse·s, comédien·ne·s et vidéastes, et se produit aussi dans des hôpitaux, maisons de retraite, écoles et prisons, notamment avec le Levedy Ensemble. En 2025, elle lance le podcast « Les Reines de la Nuit », qui donne la parole aux femmes et minorités de genre dans le monde de la musique. Formée à Genève, Vienne, Londres (Trinity Laban) et Munich, où elle obtient un Master of Music avec la meilleure note, elle a bénéficié d’une bourse de Tim and Jay Newling et s’est perfectionnée auprès de nombreux harpistes de renom.
Marc-Olivier Savoy, batterie
Batteur suisse romand incontournable, Marc‑Olivier Savoy mène une carrière qui l’a conduit aussi bien sur les scènes internationales de jazz que dans le champ des musiques actuelles. La variété de ses projets l’a amené à collaborer avec des artistes d’horizons très divers, parmi lesquels Fred Wesley, Carlos Mena, Bugge Wesseltoft, Erik Truffaz ou encore le Big Band de Suisse romande, témoignant de sa grande polyvalence et de sa capacité d’adaptation à des esthétiques contrastées.
Musicien de studio et de live, il développe en permanence son langage musical, créant de véritables textures sonores à la batterie qui donnent à son jeu une identité forte et immédiatement reconnaissable. Son approche mêle sens du groove, finesse de timbre et attention constante à l’écoute collective, ce qui en fait un partenaire recherché pour des projets exigeants.
Pédagogue engagé, Marc‑Olivier Savoy enseigne à l’École de Jazz et de Musiques Actuelles de Lausanne, où il transmet son expérience de la scène et du studio à une nouvelle génération de musiciennes et musiciens.
Dimanche 12.12 / 17h
Concert Rêve et Voyage / musique classique
Helena Macherel, flûte ; Laudine Dard, harpe
Le concert Rêve et Voyage réunit deux musiciennes suisses au parcours international reconnu, autour d’un programme de musique de chambre pour flûte et harpe placé sous le signe du rêve et du voyage. Le répertoire proposé mêle des œuvres de Debussy, Chaminade, Piazzolla, Bartók et d’autres compositeurs, invitant le public à un parcours sensible entre contrées lointaines et paysages imaginaires.
Leur duo met en valeur la complémentarité de leurs univers : la pureté de la flûte se marie aux couleurs riches et enveloppantes de la harpe, pour offrir un moment de musique de chambre à la fois intimiste, raffiné et immédiatement accessible. Ce concert classique vient ainsi compléter de manière cohérente la programmation jazz et pop‑folk du festival, en proposant un espace de respiration poétique et de haute tenue artistique au cœur du week‑end.
Helena Macherel, flûte
Helena Macherel est une flûtiste suisse originaire de Lausanne, nommée flûte solo de l’Orchestre philharmonique de Baden‑Baden en 2024. Sa carrière internationale l’a conduite à se produire en France, Belgique, Autriche, Allemagne, Italie, Hongrie, Serbie, Chine et aux États‑Unis, ainsi qu’à enregistrer plusieurs albums, dont « Mozart » avec les London Mozart Players (Claves Records), distingué par cinq étoiles du BBC Music Magazine, « Dances for Flute and Harp » avec la harpiste Tjasha Gafner, et « …du silence au silence » avec la pianiste Veronica Kuijken (Challenge Records). Ses prestations ont été diffusées sur des radios telles que France Musique, ORF, RAI, RRM et RTS.
Lauréate de nombreux concours internationaux, parmi lesquels le Concours de Genève, le Concours Maxence Larrieu et le Concours Anton Rubinstein de Berlin, elle s’est produite en soliste avec l’Orchestre de chambre de Zurich à la Tonhalle, l’Orchestre de chambre de Belgrade, l’Orchestre de chambre de Lausanne, l’Orchestre de la Radio de Budapest ou encore l’Orchestre philharmonique de Nice. Membre de l’orchestre du Festival de Verbier, elle a joué sous la direction de chefs tels que Simon Rattle, Daniele Gatti, Charles Dutoit, Klaus Mäkelä ou Zubin Mehta, et intervient régulièrement comme flûte solo au sein du Basel Sinfonieorchester et du Musikkollegium Winterthur.
Diplômée de la Juilliard School de New York, où elle a étudié avec Robert Langevin, elle a poursuivi sa formation à Berlin, Paris et Lausanne, tout en développant une activité de création et d’arrangements pour flûte. Passionnée par l’enrichissement du répertoire et par les croisements entre disciplines, elle a notamment créé un concerto de M. Skamletz, travaillé avec la compagnie théâtrale 2B et participé à des projets liant musique, sciences et musique baroque sur flûte traversière historique.
https://www.helena-macherel.com/
